Dyslexie, dysorthographie, dyspraxie : quels impacts sur l’enfant ?

Dyslexie, dysorthographie, dyspraxie : comment s’y retrouver ?

Une réunion à l’école, un bilan qui arrive, et trois mots qui tombent en même temps : dyslexie, dysorthographie, dyspraxie. Beaucoup de parents sortent de ce rendez-vous avec plus de questions que de réponses. Ces troubles se ressemblent de loin, ils s’associent souvent, mais ils ne recouvrent pas la même chose et ne s’accompagnent pas de la même manière.

Voici de quoi remettre chaque mot à sa place, calmement.

Trois troubles distincts, souvent confondus

La dyslexie

La dyslexie est un trouble spécifique et durable de l’apprentissage de la lecture. L’enfant peine à décoder : il déchiffre lentement, hésite, confond des sons proches, saute des mots ou des lignes. Cela n’a rien à voir avec son intelligence, ni avec un manque de travail, ni avec la qualité de l’enseignement qu’il reçoit.

Ce qui frappe le plus les parents, c’est l’écart : un enfant curieux, vif à l’oral, qui bute dès qu’il faut lire une consigne.

La dysorthographie

La dysorthographie concerne l’écrit : orthographe instable, mot écrit correctement à la ligne 3 et faux à la ligne 8, découpage des mots hasardeux, oublis de terminaisons. Elle accompagne très fréquemment la dyslexie, parce que lire et écrire s’appuient en partie sur les mêmes mécanismes — mais elle peut aussi exister seule.

La dyspraxie

La dyspraxie, aujourd’hui appelée trouble développemental de la coordination, touche la planification et l’automatisation des gestes. Lacets, découpage, règle qui glisse, écriture douloureuse, difficulté à s’organiser dans l’espace d’une page ou d’un tableau à double entrée. L’enfant y arrive, mais chaque geste lui coûte une attention entière — attention qui n’est plus disponible pour le contenu.

Qui pose le diagnostic ?

Ce point mérite d’être très clair, parce qu’il circule beaucoup d’informations approximatives.

Le diagnostic relève de professionnels de santé : le médecin traitant ou le pédiatre coordonne, l’orthophoniste réalise le bilan du langage écrit, le neuropsychologue évalue les fonctions cognitives, l’ergothérapeute et le psychomotricien interviennent pour la dyspraxie. Dans les situations complexes, les centres de référence des troubles du langage et des apprentissages prennent le relais.

Aucun test rapide, aucun questionnaire en ligne, aucun professionnel hors du champ médical ne pose un diagnostic de trouble dys. Si l’on vous en propose un, c’est un signal d’alerte.

Pourquoi ces troubles se cumulent si souvent

Les troubles dys sont fréquemment associés entre eux, et parfois avec un trouble de l’attention. C’est ce qu’on appelle la comorbidité. Concrètement, cela signifie que chercher « le » trouble unique qui expliquerait tout est souvent une impasse : plusieurs difficultés se superposent et s’entretiennent.

Cela explique aussi pourquoi un accompagnement isolé produit rarement, à lui seul, le déclic espéré. Ce qui fonctionne, c’est une prise en charge qui tient plusieurs fils à la fois : l’orthophonie pour le langage écrit, les aménagements scolaires, le regard des professionnels du geste quand la dyspraxie est en jeu — et le confort visuel, dont on parle rarement.

Ce que vous pouvez observer à la maison

Vous n’êtes pas là pour évaluer votre enfant. Mais vos observations valent de l’or pour les professionnels, parce que vous le voyez dans des conditions qu’aucun cabinet ne reproduit.

Notez, sans dramatiser, ce qui revient :

  • combien de temps il tient réellement avant de décrocher sur un texte ;
  • s’il suit avec le doigt, s’il perd sa ligne, s’il rapproche son visage de la page ;
  • si la fatigue arrive plus vite le soir, ou après une journée d’écran ;
  • si l’écart entre ce qu’il comprend à l’oral et ce qu’il restitue à l’écrit est important ;
  • ce qu’il dit lui-même de son ressenti — « ça bouge », « ça pique », « je vois double », « j’ai mal à la tête ».

Ces phrases-là méritent d’être rapportées telles quelles. Elles orientent parfois vers une piste que les bilans du langage n’explorent pas.

Là où le confort visuel entre en jeu

Lire suppose que les deux yeux coopèrent : qu’ils convergent au bon endroit, se déplacent ensemble le long de la ligne, reviennent au bon point au retour à la ligne, et tiennent cet effort pendant vingt minutes d’affilée. Quand cette coordination est instable, l’enfant paie une fatigue permanente pour un résultat médiocre — et cette fatigue ressemble beaucoup, de l’extérieur, à un manque de motivation.

L’orthodiplopie s’adresse à ce point précis : la coordination et l’endurance visuelles, par des exercices guidés et progressifs. Elle ne diagnostique rien, ne remplace ni l’orthophonie ni le suivi médical, et ne prétend pas faire disparaître un trouble dys. Elle travaille sur une condition de base du confort de lecture — ce qui, chez certains enfants, libère de l’énergie pour tout le reste.

C’est une approche complémentaire. Elle vient s’ajouter à ce qui est déjà en place, jamais s’y substituer.

En résumé

Dyslexie, dysorthographie et dyspraxie désignent trois réalités différentes, souvent associées, toujours diagnostiquées par des professionnels de santé. Face à elles, l’attitude qui aide le plus est celle qui combine : un diagnostic posé sérieusement, un suivi orthophonique, des aménagements scolaires, et un regard sur les conditions concrètes dans lesquelles votre enfant lit — dont le confort visuel fait partie.


L’orthodiplopie est une discipline créée par Guillaume Liffran, fondateur de l’orthodiplopie et des Centres Cohérence. Les Centres Cohérence réunissent aujourd’hui plusieurs praticiens formés, en France et en Belgique, autour d’un accompagnement par l’entraînement visuel.

Pour comprendre concrètement en quoi consistent les exercices, vous pouvez consulter nos vidéos explicatives, découvrir l’entraînement à la maison avec le diploscope ou trouver le centre le plus proche de chez vous.

1 réflexion sur “Dyslexie, dysorthographie, dyspraxie : comment s’y retrouver ?”

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